Manrique se retournerait dans sa tombe s’il savait qu’après avoir vanté son action pour protéger l’architecture des Canaries dans un billet précédent, nous nous apprêtions à dire du bien de Maspalomas !

Car ici, sur la pointe sud de l’île de Gran Canaria, on ne peut pas être plus éloigné de l’esprit de Lanzarote. Maspalomas, c’est le summum de la cité balnéaire bétonnière, le musée des horreurs architecturales, le pire cauchemar des urbanistes. Une ville de béton moche. Doit-on d’ailleurs parler de ville quand il s’agit d’une juxtaposition d’immeubles « clapiers à allemands » et d’hotels-resorts planqués derrières des palissades ?

Ici, on ne fait même pas semblant : les rues portent carrément des noms de tour operators ! Dans ce lieu sans histoire, il n’y a pas de centre ville historique. De toutes façons, c’est à peine si on y parle espagnol. Même les commerces sont tenus par des allemands. On dit « hallo » plutôt que « holà ».

Mais alors, pourquoi est-ce que des centaines de milliers de touristes (plus qu’Argelès et Saint-Cyp’ réunis !) déferlent sur Maspalomas ? Et, plus surprenant, pourquoi diantre est-ce qu’on a adoré notre séjour ici ?

Bien sûr, il y a le climat. Alors qu’il pèle partout en Europe, il fait bon aux Canaries. Nous, nous n’avons pas eu trop de chance : il faisait « froid » lors de notre séjour, le vent forçant à mettre un petit pull en soirée. Mais la semaine de Noël, il faisait 29°C.

(photo prise à 21h30)

Et puis, en dehors de la zone bétonnée, il y a un cadre exceptionnel. Les dunes de Maspalomas sont un petit morceau de Sahara déposé au bout de l’île, une oasis de nature sauvage. Une balade superbe – et éreintante – permet d’accéder à la plage.

L’arrière-pays montagneux offre aussi des vues superbes pour qui n’a pas peur d’affronter ses routes sinueuses.

Mais surtout, Maspalomas c’est une ambiance. C’est probablement le plus étonnant : en l’absence de centre ville, les bars et restos se sont installés dans des centres commerciaux où le cheap côtoie le kitch. Et là, dans ce décor moche, l’ambiance est incroyablement sympa.

Le Yumbo Center, à deux pas de notre (fabuleux) hôtel, s’est spécialisé dans la clientèle festive et homo. Dans son écrin de béton défraîchi, il propose sur trois étages une collection de bars, restos, boîtes de nuit pour tous les goûts : des tapas, des pizzas, des wurscht, des cocktails, des karaokés, de la musique 80’s ou 90’s, du « Schlager » (la variétoche allemande) ou du boom-boom contemporain.

Il y a même quelques cabarets alternant flamenco, chanteurs et drag queens dans un joyeux mélange d’espagnol, d’anglais et d’allemand. C’est cheap, c’est ringard mais on applaudit, on chante, on rit. On s’amuse comme des gamins (qui ont bu de la sangria).

On a rencontré des Allemands sympas (et anglophones) qui nous ont fait découvrir un bar qui ne passe que des chansons de l’Eurovision. C’est pointu mais il y a une clientèle de fans qui connaissent toutes les chansons par cœur !

Cette fin de séjour n’est finalement pas aussi farniente que prévu. Entre un plouf dans la piscine, une virée à la plage à travers les dunes, un cours de surf (vous avez bien lu…), des bons petits restos et des soirées picolo-dansantes qui finissent à 3 heures… on arrive à peine à se reposer. Heureusement que les vacances se terminent !



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